CHAPITRE 1
Relever le défi d’un territoire
attractif
pour les étudiants et les jeunes classes actives
ð La population du territoire se stabilise (1990-1999) après une phase de croissance (1962-1975) puis de décroissance (1975-1990).
ð L’accroissement régulier de la périurbanisation témoigne d’une forte dynamique d’étalement urbain.
ð Le territoire fait face à un risque de vieillissement principalement dû à la sous-représentation des moins de 20 ans.
ð Les phénomènes migratoires à l’œuvre illustrent le déficit d’attractivité du territoire vis-à-vis des classes d’âges actives et des jeunes : les arrivées et les départs sont très importants. Les arrivées sont principalement le fait des 16-25 ans (étudiants qui viennent de l’Auvergne mais aussi de la moitié nord de la France, hors région parisienne) et les départs concernent surtout les 25-40 ans (actifs, cadres et professions intermédiaires, qui partent vers l’Ile-de-France, Rhône-Alpes et le sud de la France) mais aussi les plus de 55 ans (retraités qui partent dans l’hinterland auvergnat ou vers le sud de la France).
ð Le déficit d’attractivité, constaté à l’échelle du territoire, est aggravé pour le cœur de l’agglomération.
La population du territoire se stabilise (1990-1999) après une phase de croissance (1962-1975) puis de décroissance (1975-1990).
- Caractérisée par une pyramide des âges considérablement gonflée dans les strates les plus âgées et une baisse continue de sa population, l’Auvergne est un espace à la démographie inquiétante. La situation du territoire d’étude du Grand Clermont et, plus largement, de l’aire urbaine clermontoise, est sensiblement différente.

- L’analyse de la croissance et de l’évolution de la localisation de la population entre 1962 et 1990 illustre des phénomènes généralement constatés dans l’ensemble des agglomérations françaises : une première période de forte croissance (1962-1975) due principalement à la ville centre, puis aux communes de première couronne. A partir de 1975, la tendance s’inverse et la population du territoire décroît mais les territoires constitutifs du Grand Clermont connaissent des évolutions particulières distinctes. La perte d’attractivité de la ville centre au profit des territoires périurbains, d’abord de première puis de seconde couronne, s’accentue caractérisant un phénomène d’étalement urbain largement à l’œuvre à l’échelle nationale.
- Depuis 1990, les évolutions démographiques, tant en volume qu’en terme de localisation des populations, sont beaucoup moins marquées et la population du territoire se stabilise.
- La stabilité de la population depuis 1990 sur l’aire urbaine clermontoise est principalement le fait de l’accroissement naturel de la population (taux d’accroissement naturel de la population de 0,3% en moyenne annuelle entre 1990 et 1990 contre 0,06% d’accroissement du au solde migratoire sur la même période).
L’accroissement régulier de la périurbanisation témoigne d’une forte dynamique d’étalement urbain.
- Depuis 1990, de nouvelles formes de spécialisation démographique apparaissent : la ville centre et les communes de première couronne au sud et à l’ouest gagnent à nouveau des habitants. La deuxième couronne conserve une attractivité importante qui concerne désormais des communes de plus en plus éloignées au sud et à l’est. En revanche, une ligne de fracture démographique (perte de population) apparaît désormais : elle s’étend du nord au sud de Riom au Cendre et concerne particulièrement l’ensemble des communes de la première couronne à l’est de l’agglomération.


Le territoire fait face à un risque de vieillissement principalement dû à la sous-représentation des moins de 20 ans.
- L’évolution de l’indice de jeunesse des différents espaces constitutifs du Grand Clermont et la comparaison entre l’aire urbaine clermontoise et les autres aires urbaines françaises en 1999 montre un territoire touché par le vieillissement et moins jeune que la moyenne des autres agglomérations.
Pourtant,
cet indice de jeunesse plus faible ne s’explique pas par une sur-
représentation des plus de 60 ans (19.6% contre 19.9% pour les aires urbaines
hors Paris) mais par une sous-représentation des moins de 20 ans (22.5%
contre 24.9% pour les aires urbaines hors Paris), soit 10% de déficit
par comparaison avec les autres aires urbaines françaises hors Paris.
- A l’échelle du « Grand Clermont », les contrastes sont marqués entre les communes « jeunes » du sud, de l’est, et dans une moindre mesure, du nord de l’agglomération et les communes de l’ouest (y compris l’ouest de Clermont Ferrand).
Les phénomènes migratoires à l’œuvre entre 1990 et 1999 illustrent le déficit d’attractivité du territoire vis-à-vis des classes d’âges actives et des jeunes.
|
|
Ensemble |
0-15 ans |
16-25 ans |
26-29 ans |
30-39 ans |
40-54 ans |
55 ans et plus |
|
ARRIVEES |
64 587 |
12 166 |
19 081 |
7 537 |
12 066 |
8 850 |
4 887 |
|
- dont France hors Auvergne |
38 301 |
8 446 |
8 484 |
4 208 |
8 115 |
6 008 |
3 040 |
|
- dont Auvergne |
26 286 |
3 720 |
10 597 |
3 329 |
3 951 |
2 842 |
1 847 |
|
DEPARTS |
59 527 |
12 425 |
8 575 |
8 642 |
14 806 |
8 416 |
6 663 |
|
- dont France hors Auvergne |
40 022 |
8 262 |
6 299 |
6 555 |
10 357 |
5 275 |
3 274 |
|
- dont Auvergne |
19 505 |
4 163 |
2 276 |
2 087 |
4 449 |
3 141 |
3 389 |
|
SOLDE |
5 060 |
- 259 |
10 506 |
- 1 105 |
- 2 740 |
434 |
- 1 776 |
|
- dont France hors Auvergne |
- 1 721 |
184 |
2 185 |
- 2 346 |
- 2 242 |
733 |
- 234 |
|
- dont Auvergne |
6 781 |
- 443 |
8 321 |
1 241 |
- 498 |
- 299 |
- 1 542 |

- On note tout d’abord un très fort taux d’arrivées et de départs sur l’aire urbaine et un solde global positif pour l’aire urbaine de 5 060, mais négatif pour la France, hors Auvergne (- 1 712).
- Pour la classe des 16-25 ans, le solde fortement positif témoigne du phénomène d’attractivité étudiante (particulièrement vis-à-vis de l’Auvergne) entre 1990 et 1999. L’inversion de la tendance d’évolution des effectifs étudiants depuis 1997 devrait modifier fortement ce phénomène.
Les gains par rapport au reste de la France (solde positif : + 2 185) se répartissent de manière plutôt homogène depuis les départements situés au nord d’une ligne La Rochelle – Rodez - Annecy, à l’exception de l’Ile-de-France. Les pertes (solde négatif) se concentrent sur les départements franciliens, le Rhône, la Drôme et les départements du sud (Gironde, Haute-Garonne, Hérault, Bouches-du-Rhône, Alpes Maritimes) où l’on retrouve les principales villes universitaires.
Vis-à-vis de l’Auvergne, le solde fortement positif (+ 8 321) reflète le potentiel d’attractivité de l’aire urbaine dans son aire naturelle de recrutement des lycéens et étudiants. L’aire urbaine gagne d’ailleurs des 16-25 ans avec pratiquement toutes les communes du reste de l’Auvergne.
Le phénomène est identique (dans des proportions un peu moindre) chez les 26-29 ans, autrement dit les jeunes classes actives (solde positif de 1 242 personnes).
- Le solde France entière est négatif pour les 26-39 ans (solde agrégé négatif de 3 845 pour 23 448 départs) : cette tendance illustre le déficit d’attractivité vis-à-vis des jeunes ménages et des familles, qui est un des problèmes auquel l’aire urbaine doit faire face.
16 912 personnes de ces classes d’âges ont quitté l’aire urbaine entre 1990 et 1999 pour une autre région. Les régions les plus attractives pour ces populations ont été l’Ile-de-France (pour les moins de 30 ans) mais surtout Rhône-Alpes et les départements du sud. De manière générale, s’agissant des 30-39 ans, l’aire urbaine de Clermont Ferrand n’enregistre des gains qu’avec une quinzaine de départements du nord et du nord-est, ainsi que de façon notable avec le département de la Loire.
- L’analyse des migrations par catégories socioprofessionnelles entre l’aire urbaine de Clermont et les autres départements confirme les tendances observées par classes d’âges, à savoir que l’aire urbaine présente un réel déficit d’attractivité pour les classes actives qui n’est compensé en solde que partiellement par le phénomène d’attractivité étudiante vis-à-vis de la France, en dehors de l’Auvergne (voir cartes jointes en annexe n°1).
· Les principales pertes sont enregistrées avec les populations de cadres (- 1 906) et de professions intermédiaires (- 833). Massivement, l’évasion des cadres de l’aire urbaine se fait vers la région Ile-de-France, puis avec Rhône-Alpes. Pour les deux catégories, l’Ile-de-France, Rhône-Alpes et les départements du sud de la France sont les régions les plus attractives.

· S’agissant des employés, artisans et ouvriers, le solde est négatif mais proche de l’équilibre, l’attractivité vis-à-vis de l’Auvergne (pour les employés) ou de plusieurs départements du nord de la France (pour tous) compensant en grande partie les pertes.
· Par ailleurs, venant s’ajouter aux pertes d’actifs, les migrations des retraités observées entre l’aire urbaine et le reste de la France produisent un solde fortement négatif (- 1 310). Recoupant largement les observations relatives aux migrations des plus de 55 ans, l’analyse montre l’attractivité de l’Auvergne, hors aire urbaine, et des départements du sud de la France.
- Pour les 30-54 ans, le solde Auvergne est légèrement négatif : pour ces classes d’âge, soit principalement des familles, les zones attractives se situent aux frontières de l’aire urbaine. Elles tracent une ligne qui contourne l’aire urbaine par l’est, de Aigueperse au nord à Issoire au sud, sans qu’il soit possible de distinguer ce qui relève de l’attractivité des pôles urbains secondaires et ce qui relève du tropisme pour la troisième couronne, son environnement et son foncier bon marché.
- Le solde France entière est négatif pour les plus de 55 ans : le fait que l’aire urbaine soit « exportatrice » vis-à-vis des territoires extérieurs peut-être considéré comme une surprise.
Cela infirme notamment l’hypothèse selon laquelle la bonne tenue du solde migratoire serait due au retour au pays des personnes les plus âgées et relativise fortement les enjeux gérontologiques pour l’aire urbaine.
Pour cette classe d’âge, les pertes s’enregistrent principalement avec l’Auvergne et, pour le reste, avec les départements du sud de la France.
Les cartes montrent que, si la moitié choisit de quitter l’aire urbaine pour l’Auvergne, la majorité de ceux-ci rejoint des communes aux frontières de l’aire urbaine qui disposent d’importantes structures d’accueil pour personnes âgées, comme Lezoux ou Aigueperse. Le poids particulier des communes de la communauté d’Aigueperse dans ces phénomènes exigera, par conséquent, de nuancer quelque peu le propos à l’échelle du Grand Clermont.

Le déficit d’attractivité, constaté à l’échelle du territoire, est aggravé pour le cœur de l’agglomération.
Enfin, si l’on recentre l’analyse sur les migrations à
partir de et vers Clermont Communauté, les phénomènes diffèrent encore quelque
peu :
- A la différence de l’aire urbaine, Clermont Communauté a un déficit migratoire vis-à-vis de la France (- 4 379) s’expliquant en grande partie par le solde migratoire négatif vers le reste de l’Auvergne (- 3 203). Ce dernier chiffre illustre deux phénomènes : l’importance de l’attractivité du reste de l’aire urbaine vis-à-vis du cœur de l’agglomération pour les actifs et les familles et l’attractivité de ce cœur d’agglomération pour les jeunes, et en particulier les étudiants, en provenance du reste de l’Auvergne.
- Les pertes avec l’Auvergne concernent toutes les classes d’âge à l’exception des 16-25 ans. Pratiquement toutes ces pertes se concentrent dans la couronne périurbaine témoignant de parcours résidentiels assez classiques. S’agissant des pertes avec la France, les plus importantes se constatent avec les classes des 30-39 ans (- 7 565).
- A l’inverse, la communauté d’agglomération gagne des habitants en provenance des autres territoires auvergnats sur la tranche d’âge des 16-25 ans.
- Ces éléments confirment le problème d’attractivité de l’aire urbaine pour les classes actives et les familles mais lui confère une acuité toute particulière s’agissant de l’agglomération centre.
Les primo-arrivants sur un territoire se localisent de préférence classiquement au cœur de l’agglomération.
S’ils s’installent durablement, des parcours résidentiels « classiques » peuvent les conduire à migrer au sein de l’aire urbaine, en première ou deuxième couronne, ce phénomène étant particulièrement prégnant pour les familles.
De fait, le fort déficit d’attractivité que l’on constate pour Clermont Communauté vis-à-vis du reste de la France pour les classes actives (- 9 216 personnes entre 30 et 54 ans) risque de rejaillir à terme sur l’attractivité de l’ensemble de l’aire urbaine.


Face aux tendances lourdes de localisation résidentielle à l’intérieur de l’aire urbaine, comment mettre les politiques publiques au service de l’attractivité résidentielle pour les jeunes ménages, les familles et les étudiants ?
- Approfondir l’analyse des évolutions socio-démographiques qui expliquent les parcours résidentiels, ainsi que les besoins des différents segments
- Préciser les enjeux réels d’une politique gérontologique à l’échelle pertinente.
- Analyser les risques que ferait peser un affaissement démographique sur la dynamique économique et l’emploi sur le territoire.
L’évolution des parcours résidentiels et les besoins des différents segments de population pour satisfaire leurs besoins en terme d’habitat.
- Le nombre de ménages sur le territoire du Grand Clermont a augmenté plus fortement que la population entre 1990 et 1999. Ce phénomène de décohabitation, observé dans la France entière, est directement lié aux évolutions des structures familiales et démographiques.
Par ailleurs, les aspirations résidentielles des ménages et leurs parcours se définissent dans un périmètre plus étendu que celui du centre de l’agglomération, ce que traduisent les données détaillées sur les migrations résidentielles.
Ces deux phénomènes contribuent à l’accroissement des besoins en logements. Les données disponibles montrent que la croissance du parc de logements a permis un rattrapage significatif au cours de la dernière décennie atteignant des niveaux élevés en rythme de construction annuel par comparaison à d’autres agglomérations de même rang (2 150 logements commencés par an sur la période sur le territoire du Grand Clermont contre, par exemple, 1 770 sur l’agglomération grenobloise).
La construction intervenue entre 1990 et 1999 n’a pas influé sur la concentration territoriale du parc de logement car ce sont les communes disposant des parcs les plus importants qui l’ont pour l’essentiel supportée (Clermont Ferrand, Chamalières, Aubière, Cournon, Beaumont…).
Avec près de 54% des constructions en individuel, pour seulement 46% en collectif concentré dans ces mêmes communes, les politiques publiques n’ont fait qu’accompagner la périurbanisation.

-
Il ne semble pas que l’offre résidentielle dans
l’agglomération centre ait fait l’objet d’une analyse détaillée au regard des
besoins des différents segments.
Bien que ces sujets relèvent en grande partie des politiques communautaires, le projet du Grand Clermont pourrait être l’occasion d’amorcer une réflexion sur les enjeux de réajustement, d’approfondissement et d’extension des politiques de l’habitat à l’échelle du bassin des migrations résidentielles.
Les perspectives d’évolutions en matière d’habitat et de démographie pourraient être ainsi confrontées aux objectifs des PLH de Clermont Communauté et Riom Communauté.
En particulier, pour examiner si l’offre de logements (qualité, nature, coût) et les politiques publiques de l’habitat (y compris les politiques d’aménagement pour libérer du foncier pour des opérateurs privés) n’expliquent pas pour partie les phénomènes migratoires, des approfondissements seraient utiles sur les points suivants :
· l’analyse des trajectoires résidentielles par segments (jeunes ménages, étudiants…) ;
· l’analyse des évolutions récentes marquant la structure du parc de logements (l’offre par segments) ;
· l’analyse et les perspectives d’évolution de l’état du parc de logement (confort, besoins de réhabilitation…) ;
· l’analyse du coût du logement par segments et par secteurs géographiques.
Préciser les enjeux réels d’une politique gérontologique à l’échelle pertinente.
- L’analyse des données démographiques et des soldes migratoires entre l’aire urbaine de Clermont-Ferrand, l’Auvergne et la France pour les classes d’âges au-delà de 55 ans et pour les retraités montre que, contrairement à certaines affirmations présentes dans différents documents d’orientation ou de planification, l’enjeu d’une politique gérontologique spécifique à l’échelle du Grand Clermont doit être fortement relativisé.
- Pour autant, le Grand Clermont est un territoire sur lequel pèse un réel risque de vieillissement et qui comprend des secteurs importants pour l’accueil des personnes âgées dépendantes (situés dans le canton d’Aigueperse et à Lezoux donc hors aire urbaine).
Le volet gérontologique du PLH de Clermont Communauté doit intégrer les réflexions et les actions engagées par le Conseil Général dans le cadre du schéma départemental gérontologique, actuellement en révision.
Ne faut-il pas élargir l’échelle de traitement de cette difficile question ? Le projet du Grand Clermont pourrait être, en effet, le lieu où s’énoncent les principes d’une politique gérontologique à l’échelle de l’aire urbaine qui fixe le cadre des solidarités intergénérationnelles.
- Pour y parvenir, il conviendrait de mieux caractériser la situation actuelle au regard des évolutions démographiques attendues :
· combien de lits médicalisés, de structures d’hébergement ?
· quelle offre de logements adaptés à l’accueil de personnes dépendantes ? Quel niveau de services spécifiques liés à ce nouveau mode d’habiter sur l’agglomération ?
· quelles actions sur les services collectifs et les services urbains pour rendre la ville plus facile pour les « anciens » ?
Analyser les risques que ferait peser un affaissement démographique sur la dynamique économique et l’emploi sur le territoire.
- Les emplois de services à la population, marchands et publics, sont par nature directement liés à la population du territoire et à son pouvoir d’achat : emploi du secteur privé à faible valeur ajoutée (services à domicile, restauration…), emploi du service public (éducation nationale, équipements sanitaires….).
Le fait que ces emplois représentent, en 1999, plus de 40% de l’emploi du Grand Clermont, et la poursuite possible de la décroissance de l’emploi industriel sur l’aire urbaine, permet de mesurer le risque que ferait courir un affaissement démographique sur la dynamique globale de l’emploi.
- Il apparaît dès lors urgent d’analyser, d’une part, les évolutions passées (entre 1990 et 1999, quelle est la nature des emplois perdus et créés) et, d’autre part, les tendances à venir, afin de préciser l’impact des évolutions démographiques sur la dynamique et la localisation de l’emploi sur le territoire du Grand Clermont.
ð Attirer les jeunes ménages et les familles.
ð Attirer et retenir les étudiants.
ð Conforter l’attractivité résidentielle du cœur de l’agglomération.
ð Focaliser les politiques publiques et les services vers la jeunesse.
Attirer les jeunes ménages et les familles : développer l’attractivité résidentielle sous tous ses aspects (notamment au travers d’une politique de l’habitat à l’échelle pertinente qui contribue à enrayer le déficit d’attractivité du territoire).
- Le fonctionnement des marchés de l’habitat est-il en cause dans un éventuel manque d’attractivité du territoire ? De nombreuses études existent sur le sujet mais la plupart ont été réalisées essentiellement à partir d’interviews et se fondent sur un « dire » des experts qui permet de resituer les positions habituelles des acteurs mais qui ne s’appuie pas sur des chiffres synthétiques et fiables.
- Dans le cas où la caractérisation de ces données justifierait un accord politique à l’échelle du Grand Clermont pour faire face au défi démographique (en réponse au choix de vocation pour le territoire), le projet pourrait être l’occasion d’apporter des réponses précises aux questions suivantes :
· Quelle signification aurait, pour les espaces constitutifs du Grand Clermont, une politique de construction de logements locatifs privés et de logements en accession qui permette d’améliorer la vitalité démographique du territoire ?
· Les primo-arrivants sur le territoire se localisent de préférence au cœur de l’agglomération avant que leur parcours résidentiel ne les conduise vers la couronne périurbaine : quel impact, pour l’ensemble du territoire, aurait une politique visant à améliorer l’attractivité du cœur de l’agglomération pour ces classes actives qui arrivent sur le territoire ?
- Quelle contribution à la maîtrise d’une politique volontariste de l’habitat attendre des différents outils à la disposition des pouvoirs publics ? Pour y répondre, le projet du Grand Clermont pourrait organiser une plus étroite coordination entre les PLH de Clermont Communauté et de Riom Communauté afin que leurs orientations prennent en considération un territoire pertinent (élargi pratiquement au Grand Clermont comme le montrent les analyses sur les migrations résidentielles) et afin de repositionner au cœur de la réflexion le développement économique et les dynamiques spatiales de ce développement.

Attirer et retenir les étudiants en s’appuyant sur la qualité des universités.
- La démographie étudiante est au cœur du défi démographique auquel fait face le territoire du Grand Clermont. Entre 1997 et 2000, la communauté d’agglomération, où est localisé l’ensemble des étudiants du Grand Clermont (à l’exception des classes préparatoires de Riom), a perdu 3 729 étudiants. Les données détaillées, par catégorie d’établissements, montrent, par ailleurs, qu’au cours de cette période, toutes les catégories ont perdu des effectifs et que ce sont les formations universitaires qui contribuent pour les deux tiers au déficit d’étudiants (moins 2 811 étudiants en 4 ans).

- Il apparaît nécessaire d’anticiper le risque d’affaissement de la population étudiante : au-delà d’un calage détaillé des chiffres par nature de formation, le projet du Grand Clermont devra intégrer les prévisions d’évolution des effectifs étudiants sur les 10 prochaines années.
- Le projet du Grand Clermont pourrait se fixer les orientations suivantes qu’il conviendra de décliner en objectifs opérationnels :
· Attirer davantage d’étudiants hors du territoire naturel de recrutement (étudiants étrangers et étudiants en provenance d’autres régions françaises).
· Maximiser le pourcentage d’étudiants qui s’installent sur le territoire de l’agglomération à l’issue de leurs études en développant la qualité de la « vie étudiante » et en insérant mieux l’université dans la ville.
Conforter l’attractivité résidentielle du cœur de l’agglomération.
- Il paraît crucial que le projet du Grand Clermont s’attache prioritairement à ne pas affaiblir l’attractivité du pôle urbain principal de l’aire urbaine pour faire face au défi démographique. Cela passe par une utilisation des différents leviers de l’action publique :
· des politiques de l’habitat à l’échelle du Grand Clermont et notamment le développement d’une offre locative et en accession adaptée à tous les segments de marché ;
· des politiques d’aménagement pour libérer efficacement les potentialités des zones NA et une politique de renouvellement urbain dans les deux pôles urbains ;
· le développement des services à la population et de la qualité de vie (cf. chapitre 2) ;
· le développement économique pour que le bassin d’emploi du Grand Clermont redevienne un bassin d’emploi « complet » apte à garder les jeunes diplômés et à attirer les cadres (cf. chapitre 3).
Focaliser les politiques publiques et les services vers la jeunesse.
- Les moins de 25 ans sont au cœur du défi démographique auquel doit faire face le territoire. Le projet du Grand Clermont pourrait donc proposer des orientations pour que les politiques publiques contribuent systématiquement à renforcer l’image et les services offerts à la jeunesse notamment à travers des politiques culturelles et de soutien aux activités de loisirs résolument tournées vers la jeunesse.
Les paragraphes qui précèdent sont une préfiguration de tout ou partie du cahier des charges des Commissions Thématiques (CT) et des Ateliers d’Acteurs (AA) suivants :
- CT Fonctionnement des marchés de l’habitat, attractivité résidentielle et action publique.
- CT Rayonnement et développement du Grand Clermont.
- AA Défi démographique et attractivité résidentielle.
- AA Université, recherche et développement.
- AA Vocation, identité et image du Grand Clermont.